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ERREUR JUDICIAIRE CLAUSTRE POLGE



PATRICE CLAUSTRE CONDAMNE MALGRE SON ADN NEGATIF


L'erreur est humaine qui devient inhumaine quand elle est judiciaire.


De toute évidence, les leçons de l'affaire d'Outreau n'ont pas été tirées. pour preuve, le meurtre non élucidé de Philippe Polge le 24 Février 2000 à Marseille, pour lequel Patrice Claustre a été condamné en juin dernier à douze ans de réclusion criminelle, sans preuve, ni aveux sur un mobile supposé, et sur la foi d'un témoin plus que douteux.

QUE C'EST-IL PASSE?

La victime et son meurtrier présumé cohabitaient dans le même appartement. Philippe Polge et Patrice Claustre étaient amis depuis quinze ans. Philippe, toujours courtois et tiré à quatre épingle travaillait dans une entreprise d'informatique. Patrice s'occupait des courses, du ménage, et rendait de multiples services à la sœur de Philippe, en mauvaise santé, qui habitait l'étage au dessous.
Le 24 Février 2000 vers 13h00, Patrice Claustre découvre avec horreur le corps ensanglanté de son ami, dans l'appartement de sa sœur, 22 coups de chandelier à la tête, deux coups de couteau dont un mortel. pris de panique, il alerte le voisinage et appelle la police qui arrive une heure et demie plus tard.

Patrice Claustre est immédiatement suspecté et mis en garde à vue le jour même, puis incarcéré.
L'enquête commence, qui à ce jour n'a pas encore véritablement aboutie.

Les policiers découvrent rapidement que la victime avait une double vie, jusqu'à cacher à ses proches et à sa propre famille qu'il avait perdu son emploi depuis deux ans. On apprend aussi que Philippe fréquentait les prostitués homosexuels de la gare Saint-Charles.

UNE INSTRUCTION BÂCLEE

Sur les lieux du crime, aucune empreinte digitale ni ADN ne permettent d'incriminer Patrice. Bien au contraire, on fait apparaître deux ADN masculins inconnus distincts, en particulier sous les ongles de la victime et sur deux mégots de cigarettes. Des voisins ont vu Patrice affolé appeler les secours de son balcon, et affirment avoir aussi aperçu un autre individu seul sur ce même balcon quelques instants plus tard. Qui était ce jeune homme? Personne n'en sait rien.
Il est fréquent que les enquêteurs puissent résoudre une affaire en fouillant dans la vie de la victime. A plus forte raison quand elle est double! Hélas, des pistes sont négligées par les enquêteurs, puis par la suite par les instances judiciaires, et enfin par les jurés qui condamneront dans l'ignorance de tous les tenants et aboutissants de l'affaire, par exemple.
La victime louait un coffre à sa banque. Une mine de renseignement pour l'instruction! Qui a ouvert ce coffre et quand? Que contenait-il? Mystère.
La victime avait ses habitudes dans les milieux douteux à proximité de la gare. Une enquête de voisinage s'imposait. Pourquoi n'a-t-elle pas été effectuée? Mystère.
La victime avait été en conflit financier quelques mois auparavant avec une société d'informatique. Pourquoi les dirigeants de cette entreprise n'ont-ils pas été interrogés? Mystère.
La victime fréquentait assidûment une jeune femme, repartie dans la région lyonnaise un mois avant le drame. Pourquoi n'a-t-elle pas été recherchée? Mystère.

Compte tenu de l'absence de véritables charges contre le suspect, la Juge d'Instruction remet Patrice en liberté le 13 Juin 2000, sous controle judiciaire : il est libre mais toujours en examen.
Quelques jours plus tard, les services de police mettent la main sur le témoin du drame, un certain Stéphane, qui se serait prostitué le jour du crime. Un gros inconvénient à ce témoignage : Stéphane ne reconnaît pas Patrice. Par contre il reconnaît son pull-over sur la photo qui lui est présentée. Non pas un pull-over rouge, mais un tricot à losange comme il en existe des milliers. Un autre inconvénient : le témoin est invalide mental à 80%, et la fiabilité de sa mémoire n'est plus qu'un souvenir.

UNE JUSTICE HESITANTE

L'enquête se poursuit, sans résultat probant, jusqu'au 18 Juin 2004, date à laquelle la Juge d'Instruction met Patrice en accusation pour meurtre. La défense réplique et obtient de la Chambre d'Instruction le 29 Septembre, non pas un non-lieu, mais un complément d'enquête. Le dossier est confié à un autre magistrat instructeur. Le complément d'enquête ne donnera rien, et le fameux témoin Stéphane disparaît définitivement dans la nature.

Le procureur veut en finir. Le 15 Mars 2006, il obtient de la Chambre d'Instruction, composée de nouveaux magistrats, que l'affaire soit soumise à l'intime conviction d'un jury d'assises.

La Cour d'Assise n'est pas tenue de justifier ses décisions. Les jurés n'ont pas besoin de preuves, ni d'aveux, ni de témoins, ni de mobile. Malgré une plaidoirie remarquée de Maître Collard, leur intime conviction, en leur âme et conscience, leur a suffit pour condamner par deux fois Patrice Claustre. les jurés sont de braves gens qui n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux. Il n'est pas bon de vivre autrement que les autres.

QUAND IL NE RESTE QUE L'ESPOIR

En 2008, cette affaire va faire encore parler d'elle, parce qu'elle est exemplaire. En Juillet, le pourvoi en cassation a été rejeté. Reste à soumettre un fait nouveau à la Commission de Révision.

Monsieur Polge n'est pas la seule victime de cette affaire.

Deuxième victime : Patrice qui hurle son innocence dans sa cellule de Draguignan, et qui voudrait qu'on l'entende.
Troisième victime : la mère du condamné, âgée de 82 ans, qui n'a plus la force d'espérer.
Quatrième victime : sa sœur aînée Marie-Elysabeth, qui se bat inlassablement pour que Justice soit rendue à son frère.
Cinquième victime : la vraie Justice, bafouée une nouvelle fois par la machine judiciaire.

A présent, le condamné n'a plus que l'appui des siens et l'espoir pour survivre. Un dossier incohérent ne se referme jamais vraiment. Deux ouvrages vont paraître dans quelques semaines, dont l'un écrit par Marie-Elysabeth Claustre, afin que chacun se remette Montesquieu en mémoire : "L'injustice pour un seul est une menace pour tous"


Yves Hilmann


Appel à témoin : qui que vous soyez, ce jour là du 24 février 2000 au 8 boulevard Phillipon à Marseille, vous avez vu ou savez quelque chose sur l'affaire, contactez moi ou Maître COLLARD, le meilleur accueil vous sera réservé.

pour m'écrire :
marie-elisabeth.claustre@wanadoo.fr